mercredi 11 octobre 2017

Une marche qui risque de laisser les campagnes au bord du chemin

À la suite des élections du printemps, un nouveau président de la République et une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale ont été élus. Les premiers signaux envoyés aux collectivités locales semblaient rassurants. La mise en place d’une conférence nationale des territoires, qui doit permettre aux élus locaux de dialoguer avec l’Etat, deux fois par an, et de débattre des mesures gouvernementales qui impactent les collectivités territoriales a été saluée.
Mais la première réunion, le 17 juillet, n’a pas permis de mettre en place le dialogue promis. Le président de la République s’est contenté de rappeler sa volonté de supprimer la taxe d’habitation pour la majorité des contribuables sans préciser comment l’Etat comptait compenser le manque à gagner pour les communes. Ce flou n’a pas rassuré les élus locaux, en particulier les maires des communes rurales, qui craignent à juste titre une augmentation des inégalités territoriales et la baisse de la qualité du service public dans les campagnes.
La question de la confiance entre l’Etat et les élus locaux est posée. En remplaçant la taxe d’habitation par une dotation soumise à son bon vouloir, le pouvoir central ajoute une tutelle supplémentaire aux communes. Et les économies demandées aux collectivités de 13 milliards d’euros d’ici à 2022, qui font suite à une baisse continue des dotations de 11 milliards d’euros depuis 2013 n’est pas faite pour rassurer. D’autant que si le président de la République s’est engagé lors de la conférence des territoires à ne pas couper les dotations en 2018, un décret paru trois jours plus tard prévoit 300 millions d’annulation de dotation pour l’ensemble des collectivités en 2017. Cette manière de faire a heurté de nombreux élus. Ce n’est pas ainsi que la confiance pourra se construire !
Les mesures proposées par le mouvement En Marche ! et le président de la République correspondent peut-être aux attentes d’une population urbaine plutôt aisée mais la France ne se résume pas aux quartiers les plus favorisés des grandes villes. La baisse du nombre d’élus locaux, qui pourrait être réalisée grâce aux fusions des communes les moins peuplées, ou l’éventuelle suppression des départements, qui seraient supplantés par les grandes métropoles et les mégas régions, sont une source d’inquiétude. Le processus de décentralisation, engagé depuis des décennies, a pour but de permettre aux collectivités territoriales de gagner des marges de manœuvre et de garantir une meilleure administration du pays, grâce à des décisions prises par des instances de proximité plutôt qu’à Paris. Il ne faut pas aujourd’hui marcher dans la mauvaise direction, revenir sur nos pas, et défaire ce qui fonctionne bien. Nous y serons attentifs !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire