jeudi 22 mars 2018

École des cadres d’Uriage : ne pas instrumentaliser l’Histoire

A la suite d’un article dans le dernier numéro d’Isère Mag au sujet de l’exposition consacrée à l’école nationale des cadres de l’Etat français (dite école des cadres d’Uriage) au Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, certains de nos opposants d’extrême-gauche ont voulu polémiquer et y voir un révisionnisme historique et un  rapprochement avec les idées d’extrême-droite. Insultant les historiens et les spécialistes de la période de la Seconde Guerre mondiale qui ont organisé cette exposition, ces personnes ont voulu instrumentaliser cette période historique et faire un parallèle douteux avec la vie politique actuelle.
Il nous parait donc nécessaire aujourd’hui de rappeler quelques principes forts.
L’Histoire appartient aux historiens, pas aux politiques. Les commémorations de ces dernières années ont souvent été l’occasion pour l’ancien président Hollande de mettre en avant sa personne ou sa politique. Nombreux sont ceux qui ont ressenti un certain malaise face à ses parallèles entre le courage de certaines propre détermination, qu’il mettait sur le même plan.
L’Histoire ne doit pas être instrumentalisée pour mettre en valeur des décisions politiques. Elle ne doit pas non plus servir à attaquer ses adversaires, surtout avec des historiques. Ecrire que l’école des cadres a comme continuité l’école de la Milice, c’est oublier que parmi les élèves de la première figurent Tom Morel, chef du maquis des Glières en Haute-Savoie, Alain Le Ray, chef des FFI de l’Isère en mai 1944 et Roger Bonamy, président du Comité départemental de Libération de l’Isère.
On ne peut que s’étonner de compter, parmi ceux qui ont cru bon de polémiquer à ce sujet, un ancien membre du collectif Mounier, défenseur du lycée grenoblois portant le nom du philosophe Emmanuel Mounier. Celui-ci a en effet donné des conférences aux élèves de l’école des cadres et a été un temps séduit par le régime de Vichy avant de s’en détourner et de rejoindre la Résistance.
On le voit, instrumentaliser l’Histoire-plifier, vouloir que tout soit blanc ou noir, bon ou mauvais. Il est exact que le régime de Vichy incarne la collaboration avec l’idéologie nazie et une part sombre de notre histoire. Il est tout aussi exact que certains de ceux qui avaient d’abord servi l’Etat français ont pu être ensuite de grands résistants. Le fait que la Résistance ne fut pas monochrome et rassembla des individus de différents horizons et de différentes idéologies contribua au redressement de la France de l’après-guerre.
L’Histoire de France vaut mieux que les petites polémiques politiciennes dans lesquelles certains se complaisent.
Pour notre part, nous la regardons avec lucidité et nous ne nous en servons pas à tort et à travers.

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