vendredi 30 mars 2018

Le Département vote un vœu sur le 80km/h en appelant le Gouvernement à renoncer à cette mesure générale inefficace


A l’occasion de la séance publique de ce 30 mars, le Département de l’Isère a voté un vœu sur la décision du Gouvernement de réduire à 80km/h la vitesse de circulation sur les axes secondaires. Cette mesure générale, pensée sans aucune concertation avec les collectivités locales, n’aura pas l’effet escompté sans priorisation des efforts sur les secteurs accidentogènes.
Une mesure prise depuis Paris sans aucune concertation
La mesure sur le 80km/h a été prise depuis Paris en Comité Interministériel de la Sécurité Routière le 9 janvier dernier sans qu’aucune information ni concertation n’ait eu lieu auparavant avec les Départements, qui sont pourtant l’échelon local compétent sur ce sujet.
Aucun résultat suffisant n’a non plus été dévoilé sur l’expérimentation menée par le Gouvernement.
Cette méthode générale aura pour défaut de ne pas bien appréhender la réalité du terrain et de ne pas considérer pleinement les véritables dangers existants sur chaque axe.
Les expérimentations nationales et les comparaisons internationales ne montrent d’ailleurs aucune efficacité de ce type de mesures pour diminuer la mortalité routière : au Danemark, l’expérimentation sur deux ans d’une hausse de la vitesse autorisée de 80 à 90 kms s’est même traduite par une baisse de la mortalité routière de respectivement 11% et 13% (37 morts par million d’habitants contre 54 en France).
C’est pourquoi le Département de l’Isère s’est allié à 27 autres Départements dans une lettre ouverte remise début mars eu Premier Ministre demandant de revenir sur cette mesure.
Le plus efficace est d’aménager les secteurs accidentogènes
Fort de son expertise en la matière, le Département de l’Isère propose de concentrer les efforts sur les secteurs les plus accidentogènes.
Le plus efficace pour lutter contre la mortalité routière est en effet d’adapter les infrastructures et de réduire les points singuliers qui concentrent les problèmes comme le fait le Département de l’Isère. La majorité a engagé depuis 2015 de très importants travaux en matière de sécurité routière en réalisant 73 opérations pour un budget de 26 millions d’euros ayant un impact positif direct sur la sécurité.
Accidentologie en Isère (hors zone Métro) :
. 2015 : 30 morts ;  2016 : 29 morts ; 2017 : 23 morts
Spécifiquement sur la réduction de la vitesse, le Département réduit aussi systématiquement la vitesse de circulation à 70km/h sur ces secteurs problématiques.
« Nous avons pour priorité la sécurité des Isérois sur les routes départementales. C’est notre travail quotidien. En la matière, nous croyons davantage à une réduction de la vitesse en fonction de la dangerosité de l’axe, ce que nous faisons déjà, plutôt qu’à une mesure générale et donc imparfaite. Il appartient aux Départements de fixer les règles, pas au Gouvernement depuis Paris » explique Jean-Pierre Barbier, Président du Département de l’Isère.

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